Les 5 difficultés les plus fréquentes en Pilates

(et comment les dépasser !)

Tu pratiques le Pilates depuis quelques semaines et tu as l'impression de stagner ? Ou tu démarres tout juste et tu veux mettre toutes les chances de ton côté pour en tirer un maximum de bienfaits ? Dans les deux cas, cet article est pour toi.

Quand on apprend une nouvelle méthode, ce n’est pas une question de “faire faux” ou “faire juste”. On traverse surtout des difficultés très classiques : des automatismes du quotidien qui reviennent, des sensations nouvelles, des repères à construire.

Voici 5 difficultés que je vois le plus en cours, et surtout comment t’aider à les dépasser (avec douceur et efficacité).

1. Quand l’exercice se complique… la respiration se bloque

C’est LA difficulté universelle. Dès que ça devient exigeant, beaucoup de personnes retiennent leur souffle comme si cela allait aider, ou alors parce que ne pouvant pas tout faire, on se concentre sur le mouvement et on oublie de respirer. En réalité, cela crée des tensions et ça rend tout plus dur.

En Pilates, la respiration latérale thoracique basse est une base. Elle aide à engager le centre en profondeur, à stabiliser la colonne et à mieux oxygéner les muscles.

Piste simple pour progresser : fais confiance à ton corps, une fois le mouvement fais une ou deux fois, tu le conscientises et tu peux te concentrer sur la respiration. Pendant mes cours, je guide la respiration à chaque étape du mouvement, tu peux aussi te concentrer là-dessus pour ne pas perdre le rythme. Et si tu respires, ton mouvement devient tout de suite plus fluide.

2. Les muscles “qui prennent tout” (et les muscles profonds qui restent timides)

Autre difficulté très fréquente : ce sont les muscles “forts” et superficiels qui font le travail… à la place des muscles profonds. On le voit par exemple sur un Hundred avec le cou qui tire, ou un Roll Up qui se transforme en cambrure et en élan.

Le Pilates cible les muscles profonds et stabilisateurs : le transverse, les multifides, le plancher pelvien. Ils ne “brûlent” pas comme les abdos superficiels. Leur engagement ressemble plutôt à une sensation de maintien, une chaleur douce, une stabilité.

Piste simple pour progresser : ralentis. Si tu sens que tu tires, que tu forces, ou que ça “crispes”, fais une pause, remets-toi dans l’axe, et recommence avec moins d’amplitude. En cours collectif, le professeur propose aussi des adaptations. Cela ne sert à rien de forcer à tout pris un mouvement si le corps n’est pas prêt. L’adaptation permettra de travailler aussi bien sans risque de blessure ou de compensation.

3. Se sentir “raide” et croire qu’il faut être souple pour commencer

“Je ne suis pas assez souple pour le Pilates.” Je l’entends souvent, et c’est une vraie difficulté au départ : on se compare, on pense qu’on n’a pas le bon corps, ou pas assez d’amplitude.

Mais le Pilates ne demande pas une souplesse passive. Il développe surtout la mobilité active : la capacité à bouger avec contrôle, grâce aux muscles. La souplesse passive, c’est toucher ses orteils “à froid”. La mobilité active, c’est contrôler ce mouvement sans compenser.

Bonne nouvelle : si tu te sens “raide”, c’est précisément une excellente raison de commencer. Le Pilates est un chemin de progression, pas un test d’entrée.

4. Aller trop vite (par envie de bien faire)

Quand on débute, on veut souvent suivre le rythme, “réussir l’exercice”, finir la série. Résultat : on accélère.

Or le Pilates n’est pas un entraînement de vitesse. C’est une pratique de précision et de contrôle — et c’est pour ça que Joseph Pilates l’appelait Contrology. Je t’ai écris un article à ce sujet d’ailleurs !

Quand tu vas trop vite, tu utilises l’élan. Tu perds la qualité du mouvement. Et tu peux mettre ton corps en contrainte.

Piste simple pour progresser : fais-en moins, mais mieux. Si tu dois accélérer pour “y arriver”, c’est un signal : ralentis, réduis l’amplitude, retrouve la stabilité.

5. Avoir du mal à “sentir” les consignes (et se fier surtout à ce qu’on voit)

Cette difficulté est plus subtile. Beaucoup de personnes copient le mouvement en regardant les autres, mais ont du mal à incarner les consignes et à les ressentir.

Le Pilates est une pratique interoceptive : elle t’apprend à écouter de l’intérieur.

Piste simple pour progresser : la prochaine fois que ton professeur donne une image (“allonge ta nuque”, “éloigne tes épaules de tes oreilles”), essaye de te faire confiance et de chercher la sensation plutôt que la forme. Ne t’inquiètes pas, même tu ne fais pas le mouvement attendu, le professeur pourra t’aider.

En résumé

Si tu te reconnais dans une (ou plusieurs) de ces difficultés, c’est normal. Ce sont des étapes très fréquentes. L’important, ce n’est pas d’être “parfait·e” : c’est de comprendre ce qui se passe, d’ajuster, et de laisser la pratique t’apprendre. C’est à force de répétitions que le corps et l’esprit intègrent le mouvement.

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